LEL 2017

London Edinburgh London

 

BONUS : Présentation du COCOach : https://share.orange.fr/?_=X2G#YKwNDI8R1K4dec04208

 

Quelques mots de présentation. 

Cette épreuve fait partie des événements longue distance organisés en Europe, comme le sont Paris-Brest-Paris en France ou Madrid-Gerone-Madrid en Espagne.

Organisée tous les 4 ans, elle a eu lieu en 2017 du 30 juillet au 4 août. L'objectif est de relier Londres à Edimbourg et de revenir en moins de 117 heures, ce qui représente une distance de 1400 km à parcourir en moins de 5 jours.

En 2017, deux membres du club de Maule ont participé à l'épreuve: Les lignes qui suivent retracent leur aventure.

La génèse de la participation :

Pourquoi faire des trucs de dingue ? Parce que nous sommes un peu dingue et que nous sommes avec des dingues. Après avoir achevé Paris-Brest 2015 et autour d'un superbe gâteau Paris-Brest, un échange anodin avec Jean-Michel (surement le plus dingue de la bande ...). "Moi, je ferai bien Londres-Edimbourg-Londres dans deux ans ...". Bertrand affamé de longue distance après une année 2015 difficile n'en attendait pas moins. "Moi aussi !". Alain confirme également et voilà le trio remonté pour affronter un nouveau défi.

Reste à s'inscrire.

L'informatique anglaise a cela de particulier qu'elle favorise le Royaume Uni, et défavorise surtout la France. Au final, Jean-Michel pourtant initiateur de l'idée n'a pas pu passer l'étape de l'inscription.

Deux Maulois, parmi 50 français, eux mêmes parmi 1500 participants, en grande majorité britaniques sont donc inscrits pour l'épreuve.

Mais ce n'est pas le tout d'être inscrit, il faut être prêt et représenter dignement Maule et la France au passage.

 

La préparation :

Rien de compliqué. Il faut aligner des kilomètres. Rôder la mécanique et le vélo en particulier qui devra affronter des conditions extrêmes: La pluie, garantie dans la perfide Albion, la nuit, les routes avec un revêtement douteux, la fatigue qui entraine un manque de lucidité alors qu'il faut rouler à gauche.

Les brevets sont un moyen idéal pour cela. Ils permettent de ne pas rouler tout seul, d'avoir des circuits déjà tracés et surtout de s'obliger à faire des pauses pour le pointage. Donc 200 d'Andresy et 300 de Flins. Le 400 est remplacé par la descente dans le Jura pour la semaine de l'ascension. Nous avons terminé notre préparation kilométrique par un week-end corsé de 350 + 250 km pour le repas du club. 

Kilomètres, c'est bon. Maintenant un peu de logistique. Car avant de partir de Londres il faut aller à Londres...

Une location à Cambridge pour accueillir toute la famille, ce sera notre base arrière et le centre de coordination avec nos coaches. Un aller-retour par le Ferry, moins cher que le train et pouvant accueillir facilement nos véhicules.

Pour le LEL en lui même, nous pouvons déposer deux sacs de moins de 2,5 kilos chacun à deux points de contrôle de notre choix. Pour optimiser le rechange nous déposerons nos sacs à Louth (250 km) et à Brampton (550 km) cela permet de les avoir pour l'aller et le retour. Chaque sac contient de quoi se changer deux fois. Ainsi que de quoi dormir (pyjama ou équivalent) et se doucher (savon et shampoing - les serviettes sont fournies aux points de couchage).

Sur le vélo, il reste à mettre les affaires de pluie, du matériel de réparation, un peu de nourriture. J'ai également pris mes affaires de toilette et mon pyjama. Au cas où nous décidions de dormir en dehors de nos points de contrôle favoris.

Voilà fin prêts, maintenant top départ.

 

Le déroulement :

Le départ se fait par vague de 50 cyclos. Nous sommes dans la vague de midi, numérotée W (d'où nos matricules W9 et W10)

 

Le parking est prévu, nous y posons notre camion qui a servi au transport des vélos. 

Une collation est possible juste avant le départ. Nous avons pris un solide petit déjeuner mais nous allons quand même picorer les drôles de plats proposés. (Lentilles rouges broyées et épicées ...)

Midi moins 10, l'excitation monte, nous faisons pointer notre carte, le premier tampon d'une très longue série.

D'autres français sont au départ, une cinquantaine au total sur l'épreuve. Reconnaissables pour certains (comme nous) par un maillot portant le drapeau tricocolore. Au départ quelques bénévoles sont également français, nous croisons même le copain du mari de Marilène (lui même un peu dingue, il a fait cette année une épreuve corsée en Italie et se prépare pour le tour de France en 6 jours avec 400 bornes par jour)

1er Jour 

Midi ! Go !

Le vent est favorable. Le Groupe part gentiement mais les relais s'enchainent et nous roulons assez vite au delà de 30 km/h sans forcer. Les discussions s'engagent avec les membres du groupe, en anglais et aussi en français. J'ai eu droit à une longue discussion sur le Brexit et la politique de E. MACRON avec un anglais vivant en Belgique. Anglais rigolard mais bon rouleur. "désolé pour la météo" me dit-il dès la première pluie. Car bien sûr nous sommes au mois d'août mais il pleut, un peu, beaucoup. Surtout tous les jours et plusieurs fois par jour. La première étape fait 100 km, ils sont avalés prestement. 

Première pause, nourriture à volonté, pointage de notre carte à l'arrivée mais aussi lors de notre départ (Check in, Check Out). Tout cela pour que nous puissions être suivis sur le site de l'épreuve ( nous ne savions pas qu'en fait notre pointage était OK, mais que le site considérait nos informations comme privées et ne diffusait rien sur nous, d'où la panique des suiveurs ou interrogation -sont-ils à se la couler douce dans un pub ? -)

Nous arrivons assez tôt à notre premier point de couchage (Louth), plus tôt que le prévoyait notre feuille de route. Cool, nous allons pouvoir dormir un peu plus et être au top pour le lendemain. Non, pas possible ! Le nombre de couchage est limité et il faut faire tourner les lits, donc reveil à 3h30 pour laisser la place. Bon, à la guerre comme à la guerre, il va falloir s'y faire et profiter au maximum des 4h30 de sommeil que nous aurons. Ce sera notre plus longue nuit, mais ça nous ne le savions pas encore. Imaginant, naïfs que nous sommes, que les étapes suivantes seraient du même tonneau. En fait, nous venions de manger notre pain blanc, désormais le pain sera bien noir. Avant le dodo une douche. Bon pour l'intimité tu repasseras, douche de vestiaire chacun se balade dans le plus simple appareil et essaye de dégoter une douche avec un peu d'eau. Car toutes fonctionnent en même temps et seules celles en tête de ligne ont un peu de pression. Pour les autres, pas facile de se rincer. Une fois le décrassage fait et une petite collation prise il est temps de dormir quelques heures. Dans un bon lit ... Enfin presque, un matelas gonflable et deux couvertures, une pouvant servir d'oreiller. Tout cela dans l'équivalent d'un gymnase, donc avec plus de 200 autres comparses, hommes et femmes mélangés. Heureusement, l'organisation nous a fourni des bouchons d"oreilles et j'ai pris la précaution d'avoir un masque "avion". Bien m'en a pris car les entrées et sorties sont incessantes. C'est du jour-nuit sans arrêt. Et en plus sur 200 forcément il y a des ronfleurs (ou ronfleuses) bref c'est un beau concert son et lumière.

 

 

2 ème jour

"Sir, it's time to wake up "

Bon sang, ils sont ponctuels ... Et déja un autre cyclo piétinne devant mon matelat et est prêt pour piquer lui aussi un roupillon. Il est 3h30. Une longue journée commence.

Je sépare précautionneusement mes affaires sales avec les propres que je pourrai utiliser lors de mon retour mercredi prochain. Nous sommes lundi.

Bertrand est lui aussi prêt, nous prenons un petit déjeuner, mais il y a un peu d'attente. Nous sommes au coeur de la troupe, il y a foule à 4h et le service ne suit pas le rythme des cyclos qui vident les gamelles aussi vite qu'elles sont présentées. Bacon, porridge et un café (pas terrible, en fait de l'eau chaude sur de la poudre).

Nos vélos nous ont attendu sagement, le jour se lève à peine. Nous n'aurons pas à utiliser beaucoup notre éclairage. Tant mieux, la dynamo va pouvoir recharger les GPS. GPS totalement indispensable, le circuit n'est pas fléché et les panneaux indicateurs ne doivent causer qu'à des anglais.

Bon sang, ce n'est plus du tout plat. C'est même  sacrément bosselé, il faut jouer du dérailleur. Les raidards se succèdent, plus de 15% c'est sûr. Incroyable nous roulons avec 3 anglais dont un qui fait le parcours en pignon fixe. Comment est-ce possible de monter ces murs avec cela ? Ben si, le gars pique un sprint à chaque bosse et nous laisse sur place. Costaud l'animal. Nous allons rouler un bon moment avec eux , a priori ils apprécient mes relais. Nous allons les retrouver régulièrement, jusqu'à l'arrivée finale que nous ferons ensemble. Lors de l'une des étapes, ils nous ont pris en photos :

 

 Certaines ont osé dire que je n'avais pas un profil aérodynamique, avec mes oreilles de lutin ...

Le parcours du jour dépasse les 300 km et nous avons sur la fin une bosse de 20 bornes, avec un paysage typique. C'est à dire une lande désertique, avec de petites fermes en pierre de ci de là et des moutons, des moutons, toujours des moutons (qui bêlent sans discontinuer). Ils sont même sur la route, be carefull.

 

 

 

Lors de la deuxième journée nous avons eu une étape dans un collège logé dans un château. L'intérieur est digne de l'ambiance d'Harry Potter.

 

 

Cette deuxieme étape est l'occasion de passer sur un très long pont qui surplombe l'Humber, cela ressemble au pont de Saint Nazaire qui lui surplombe la Loire.  

 

 Nous passons également ce qui semble être le symbole de la frontière entre l'Angleterre et L'Ecosse, et qui n'est pas sans rappeler le mur d'Hadrien.

 

La fin de la journée en Direction de Brampton, notre deuxième couchage, devient plus ardue. Nous terminons par une grande bosse de 20 km digne d'un col alpestre sous un crachin constant et une descente rapide avec un passage pavé en pleine nuit. 

Arrivés à Brampton, même rituel : récupération du drop sac, repas ,douche, reservation d'un matelas. Pas simple nous arrivons vers minuit, et le gymnase qui sert de dortoir est déjà bien rempli et il faut trouver son couchage et se coucher dans l'obscurité. Heureusement ma batterie de recharge possède une petite diode lumineuse qui me sert de lamp de poche. Hop, bouchon d'oreilles, masque d'avion et dodo.

 

3 ème Jour

Particularité de la journée, nous partons et revenons au même endroit (Brampton)

Au lever, petit rayon soleil, cool nous allons pouvoir rouler sans se prendre de la flotte su la tête. Donc affaires de pluie dansla sacoche et nous partons encore un peu dans les brumes du sommeil. Bertrand n'a pas mon optimisme et conserve son imperméable pour le départ. Hélas, c'est Bertrand qui a raison, au bout de 10 km, la pluie reprend et forcit très vite. Pause pour remettre l'imper, je propose à Bertrand de rouler doucement le temps que je mette tout l'attirail. Bon au bord de la route sous la pluie , pas facile de mettre les surchaussures. Cela me prend un peu plus de temps que prévu, il faudra cravacher pour rattraper mon accolyte. Sous une pluie battante, je repars ventre à terre. Je fais un bout de route avec un tandem à trois roue, pas mal, sur le plat il roule plein pot mais en montée c'est plus dur. Je connais cela, avec mon propre tandem. Bon, ben, il est où au fait Bertrand, cela fait 20 km que je roule tambour battant et personne. Encore 30 km de plus et pause tampon et ravitaillement, sans avoir récupérer mon partenaire. Avec la pluie, j'espère ne pas l'avoir doubler sans m'en rendre compte. 

Après 1/2h d'attente,je vois enfin arriver Bertrand. Il a malheureusement pris la route du retour au lieu de celle de l'aller (ce n'est pas la même sur cette étape) ...

 

Des bosses, encore et encore. Dans les bosses nous rattrapons de drôles d'engins qui vont nous doubler sur le plat et dans les descentes.

 

Dautres engins encore plus curieux ont du mal à avoir un rythme régulier et nous ne savons si ils sont parvenu au terme de l'épreuve.

 

Un gars de Singapour se prend d'amitié pour nous, surtout pour nos roues arrières en fait. En fait il y a pas mal d'asiatiques qui participent, Taiwan, Hong Kong, les colonies britaniques en fait. Bref, le gaillard s'accroche. Toujours rigolard, il prend des selfies avec nous et va nous accompagner jusqu'au retour sur Brampton. 

Retour qui se fait en mode TGV, Bertrand nous gratifie de relais monstrueux pour revenir dans les roues d'un train espagnol. Nous restons avec eux jusqu'au terme de l'étape. Ca y'est nous avons passé la moitié, encore deux jours et nous serons à Londres. Nous savons que le parcours du lendemain sera difficile car plein de bosses , mais nous attendons avec impatience le dernier jour relativement plat. Si nous sommes en forme, nous allons pouvoir embrayer ferme. Nous ne savions pas que ce serait un jour terrible et pas du tout une partie de plaisir.

 

Retour à Brampton. Dans le rituel des étapes il y a aussi la dépose des chaussures de vélo que nous laissons sur de grandes étagères. L'intérieur de batiment ayant un revetement "fragile" (parquet) nous clopinons en chaussettes ou en surchausse en plastique.

Arrivés tard, la nuit sera encore une fois courte. Un coup d'oeil à notre compteur et nous voyons qu'il estime une consommation de plus de 10 000 calories par jour. Pas étonnant que  nous fassions 6 repas par jour. D'ailleurs, je commence à avoir faim en permanence. Le métabolisme du corps doit être passé en surmultiplié. les petits bobos commencent à apparaitre, tendon d'achille  douleureux, fessier endolori, genou droit qui semble grincer à l'intérieur et phénomène nouveau, mes deux pouces des doigts de pied sont devenus insensibles. Ils le seront encore deux semaines après la fin de l'épreuve.

 

4 ème jour

 

Nous commençons la quatrième journée en sachant qu'elle va être difficile. La longue bosse nous attend et le temps est loin d'être au beau fixe. Dès le début nous aurons à remonter le mur en pavé. Certains nous ont annoncé que nous aurions peut être à le monter à pied. Avec la pluie en plus cela ne va pas être une partie de plaisir.

Nous nous retrouveons avec nos collègues espagnols. Et etonnemment nous passons assez bien le mur et nous montons la longue bosse avec le groupe. Bon, les espagnols nous chambrent un peu en sifflotant la marseillaise. Du coup, nous montons bon train la bosse  et enchainons ensuite sur un bon rythme sous la pluie qui ne va pas nous quitter de la journée. Pourtant les bosses, y'en a ...

 Et le temps continue de nous user la couenne.

 En milieu d'après-midi, lors d'un contrôle, un français (si si il en reste) nous aborde. "Alors comment vont les gars de Maule ?". Michel, installé à Nantes aujourd'hui mais ancien résidant de Mantes, nous propose de rouler avec nous. Il est tout seul, il a perdu ses collègues qui ont du mal à avancer dans le vent. Il a reconnu notre maillot aux couleurs de Maule, et aussi il a reconnu mon vélo qu'il a suivi pendant un bon bout de temps la veille. Un R et un drapeau français sur le garde-boue arrière. Ben oui, il a pris ma roue pendant que j'essayais vainement de rattraper Bertrand qui lui était parti sur la route du retour plutôt que celle de l'aller ...

Nous allons faire un bon groupe, de niveau équivalent. 

Cependant la pluie et le vent qui forcissent nous ralentissent. La fin de la journée dans les bosses, en plein  nuit et sous la pluie est épique. Lors de l'une des bosses (laquelle, on ne sait plus, il y en a trop) Michel me rattrape et me dit "Je crois que nous avons perdu Bertrand ...". Damned, effectivement plus personne et pas de phare visible derrière nous. Je fais demi-tour, je descends en croisant des groupes, j'appelle "Bertrand, t'es là ?". Il fait nuit noire et tous les cyclos se ressemblent avec l'éclairage minimum des vélos. Bon arrivé en bas, là je me dis que nous sommes dans le caca ... Et miracle, qui vois-je arriver derrière moi ? Le jeune Bertrand ... Ouf. Bon nous nous sommes croisés mais mon appel n'a pas été entendu. Nouveau demi-tour, pour essayer de retrouver Michel qui lui est resté au point de mon premier demi-tour. Re-Ouf, il est là, sous le déluge. Nous arrivons enfin à Louth, tard dans la nuit. Ce sera notre dernier couchage. Partout des affaires sont accrochées et tentent de secher. Un peu scéne de guerre, des cyclos fourbus dorment sur les tables, des godasses de vélo sont entassés un peu partout.

Nous récupérons une derniere fois notre ultime rechange pour douche, miam-miam et dodo. Demain sera un autre jour. Le dernier et cool il est assez plat, cela va être un régal et nous allons lâcher les chevaux, en plus nos coachs nous attendent au passage de Cambridge, un petit bisou au passage cela va nous redonner des forces.

 

5ème jour

Bien sûr rien ne se passe comme prévu ...

Cette dernière journée sera la plus grosse galère. Le vent s'est vraiment levé et nous affrontons sur terrain découvert un vent assassin. 70 km/h, dixit Jean-Michel. Lui il sait ce que cela veut dire. Avec plus de 1000 bornes dans les jambes la journée va être infernale. Nous n'avançons pas et il faut coucher le vélo pour ne pas finir dans le talus. Pas plus de 10 - 12 km/h  sur plus de 80 km, la c'est sûr nous mangeons notre avance. Heureusement nous en avions pas mal sur le délai à ne pas dépasser. Le vent nous éparpille, impossible de prendre de l'abri à 3. Je perds mes camarades, et dans une petite montée un groupe me double à bonne vitesse. Reflexe de coursier, je saute dans les roues. Très bonne idée, je suis dans le train de l'équipe de l'Audax de Bristol. Des costauds sont devant à deux de front, et tel le brise glace ils fendent la tempête. Le groupe est constitué d'une quinzaine gars et de filles qui s'accrochent dans les roues. Je fais pareil, mince mon compteur monte à plus de 25 km/h. Incroyable, mais comment qu'y font ? Je remonte le groupe, je veux voir cela. Les gars se relaient à grande vitesse, restant très peu de temps le nez dans le vent. des vrais coursiers, cool, je me glisse dans le noyau de tête pour participer à la fête. Ah ouais, ça marche, mais il ne faut pas rester longtemps en tête, les cuissent explosent mais c'est grisant. 

Bon fini la fête, le groupe arrive au contrôle. Je fais le plein , un tampon et j'attends mes camarades qui ne tardent pas à pe rejoindre. En repartant nous sommes sur une piste cyclable qui longe une fois férrée à l'abri du vent, ouf. 

En fait ce n'est pas une voie férré, mais une piste en béton pour bus ...  Une fois dessus le bus devient un sorte tram.

 Ingénieux, cette piste en béton nous conduit à Cambridge. 

Nos coachs sont là !

 

Reste encore 70 bornes, nous en voyons  le bout et nous restons soudés.

Encore deux contrôles et la nuit commencent à tomber.

Gros coup de fatigue pour Bertrand qui ne peut plus porter sa tête (quand je lui dis qu'il l'a trop grosse, il ne veut pas me croire ...). Les heures tournent et Michel vent joindre sa logeuse pour lui annoncer son heure d'arrivée. Les coordonnées sont dans son téléphone qui est à court de batterie. Il tente le démontage de son capteur solaire pour faire une dernière recharge. Marche pas et Bertrand a filé à son train, la tête tombante sur sa poitrine. Nous mettons le turbo avec Michel pour le rattraper. La vache, cela embraye fort, plus de 35 km/h sur 5 bornes pour enfin reformer le groupe. 

Le dernier contrôle est perdu dans la campagne sur les hauteurs de Londres, il fallait nous trouver des bosses pour finir. Le trajet n'est pas le même que pour l'aller et là il y a des bosses, des mini murs pour bien se finir. Michel a pu recharger un poil son portable au dernier contrôle et a pu joindre sa logeuse. Affaire traitée. Il faut dire que Michel est venu depuis Nantes à vélo ... et par le train.

Arrivée finale ! 108 heures pour boucler. Pas mal vu les conditions. La limite est à 117 heures, donc 9 heures de marge. 1 heure du matin,la médaille est dans la poche et bonne nouvelle nos drop sacs sont déjà là. Nous allons pouvoir récupérer nos affaires (sales et mouillées ...) 

 

Une dernière collation avant de reprendre la route, en voiture, pour rejoindre Cambridge.

Sur zone à 3h, nous prenons un repos bien mérité à 4h du matin. Dans un VRAI lit ! 

Bon au reveil, on voit que les gars n'ont pas encore complètement récupéré. Mais ils ont de beaux pyjamas.

 

Le bilan : 

 

En chiffres : 

1450 km, 21 km/h de moyenne en roulage, 12,5 km/h en comptant les arrêts.

9h de marge sur la limite

810 participants sur 1500 ont terminé dans les délais.

 

 

 

Pas d'ennuis mécanique, les vélos ont bien tenu. Le rodage de la semaine dans le Jura a été bénéfique.

Quelques bobos, mais rien de catastrophique et résorbé au bout d'une à deux semaines. Les jambes sont douloureuses mais quelques sorties de décrassage les ont remis d'aplomb. 

Cela restera une épreuve hors norme. 5 jours hors du temps, où le corps apprend à supporter souffrance, effort continu, manque de sommeil, et au final une fois le rythme pris et sauf bobos importants nous aurions pu poursuivre encore. (mais bon les bonnes choses doivent avoir une fin)

 

A nous maintenant de partager pour faire de nouveaux adeptes de la très longue distance.

 

 

 

 

 

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